La crise grecque n’est pas une crise financière !

Extraits choisis du livre de Robert Menasse, Un messager pour l’Europe

Un messager pour l’Europe - Plaidoyer contre les nationalismes de Robert Menasse. Traduit de l’allemand par Dominique Venard.

Extraits choisis issus du chapitre 29.

(…) il pourrait tout à fait y avoir des solutions communautaires à la crise, sans parler du fait qu’il n’y aurait jamais eu de crise de cette ampleur sans les feux roulants des défenseurs des intérêts nationaux. (...)
(...) Le Conseil est le funeste messie : quand on commence à négocier le sauvetage, il y a effectivement tout lieu d’avoir peur ! (...)
(...) En réalité, la crise n’a jamais été une crise financière, et, même si elle devait coûter dix fois plus, elle ne sera jamais une crise financière au sens propre du terme. Elle ne remplit aucun critère d’une crise financière. (...)
(...) Le déficit budgétaire de la Grèce ne permet pas plus de parler d’une « crise financière européenne » que la politique budgétaire de l’Allemagne ne permet à ce pays de s’élever en donneur de leçons de l’Europe. (...)
(...) Non, la crise est une crise évidemment politique (…)
(…) elle ne pourra être résolue que par une modification en profondeur du système politique de l’Union européenne, une résolution de sa contradiction interne. La crise est clairement la conséquence de compromis désormais obsolètes que l’on a institutionnalisés dans la constitution de l’Union européenne (…)
(...) Affaiblir la Commission, restreindre les droits du Parlement et renforcer le Conseil – nous voyons aujourd’hui où nous mène ce volte-face de l’histoire, ce Thermidor de l’Union européenne, et nous le voyons sous un nom erroné : crise financière. (...)
(...) Le Conseil doit disparaître ! (...)
(...) Voilà pourquoi, personnellement, je suis fan de cette crise. (...)
(...) Cette crise va permettre à l’Europe de faire un grand pas en avant, un pas probablement décisif. (...)
(...) Elle va nous contraindre, sous peine d’un déclin rapide de l’Europe, d’accepter ces solutions et réformes politiques de la constitution européenne que l’étroitesse d’esprit des États-nations rendait impossibles. (...)